• Home
  • Actualité
  • Projets belges
Maison de l’Histoire européenne

Maison de l’Histoire européenne

Pin It

Un nouveau musée ouvre ses portes aujourd’hui à Bruxelles, en plein cœur du quartier des institutions européennes.

Contrairement au Parlementarium, un autre musée situé à quelques mètres de là où le visiteur découvre le fonctionnement des institutions européennes, la Maison de l’Histoire européenne propose de voyager à travers l’histoire du continent.

L’exposition permanente commence avec les racines antiques de l’Europe. Puis, muni d’une tablette électronique disponible dans les vingt-quatre langues officielles de l’UE, le visiteur parcourt les événements qui ont marqué l’Europe : la Première et la Seconde Guerre mondiale, les années fastes de l’après-guerre, l’effondrement des régimes communistes et le processus d’intégration européenne de 1957 à nos jours. Une vitrine est d’ailleurs consacrée au référendum sur le Brexit. On peut y découvrir le bulletin du scrutin du 23 juin 2016 et des épinglettes des camps du Remain et du Leave.

Une exposition très dense

Au total, ce sont plus de 1 500 objets provenant de 300 musées européens qui sont rassemblés dans ce musée d’une surface totale de 4 000 m². L’exposition temporaire quant à elle, consacrée aux échanges et aux rencontres qui ont façonné l’histoire européenne, est beaucoup plus ludique et interactive. Il faut s’allonger sur un lit pour écouter les différentes interprétations de contes de fées comme Cendrillon. Il faut pédaler sur un vélo pour découvrir l’histoire du sport en Europe et s’installer à la table de la salle à manger pour apprendre que, non, le croissant n’a pas été inventé par un boulanger français.

L’ouverture du musée au plein cœur des remises en question de l’Europe

La volonté du Parlement européen, qui est à l’initiative de ce projet, est d’alerter les citoyens sur les dangers d’un nationalisme excessif et de les inviter à se souvenir des erreurs du passé pour ne pas les reproduire dans le futur. Pour favoriser la réflexion, les conservateurs proposent quelques citations de personnalités historiques, comme celle-ci, de Tomáš Masaryk l’ancien président tchécoslovaque, entre 1918 et 1935 : « Si notre démocratie a des défauts, nous devons combattre ces défauts, pas la démocratie ».

Un musée à la gloire de l’Europe ?

Sujet de nombreuses controverses, l’Europe n’est ici pas épargnée. Des objets plutôt critiques quant à la construction européenne sont également exposés. On retiendra l’œuvre d’un architecte néerlandais : un livre blanc de 80 000 feuilles sur six mètres de long censés représenter la lourdeur de l’acquis communautaire, ces textes juridiques que les États membres doivent transposer dans leur droit national. Mais aussi, dans une autre vitrine, exposé à côté de la médaille du Prix Nobel de la Paix attribuée à l’UE en 2012, une banderole rouge sur laquelle est écrit : « l’Europe en 2012 : crise, chaos, et chômage », un slogan largement scandé à Oslo, lors de la remise de ce prix.

À travers l’exposition, on découvre finalement que le projet européen aura perpétuellement été la cible de critique de tout bord.